La prémonition
Editorial - octobre 2003
Pourquoi la lumière, intuitivement
assimilée à la connaissance et à la conscience, serait-elle
limitée à l’instant présent ? Pourquoi ne rayonnerait-elle
pas aussi sur le passé ? Est-il concevable qu’elle s’étende
sur le futur ? Il faut faire un effort d’imagination et se demander
ce qu’est la lumière, en quoi consiste l’instant présent
et ce qui limite la conscience.
Conscience rime bien avec présence
Il n’est pas difficile d’imaginer
qu’il puisse exister un lien entre la réalité présente
et celle qui n’existe plus que dans la mémoire, ou à
l’inverse, quelque chose qui n’existe pas encore mais qui peut
être supputé. Pourquoi alors ne pas se figurer que le passé
continue d’exister dans le présent et que le futur, révélé
à l’instant où apparaît la lumière, était
déjà écrit. 90% des scientifiques poussent des hurlements
à ces questions. Il n’empêche qu’on peut concevoir
d’une réalité où rien ne se perd dans un monde
écrit à l’avance. Mais en partie seulement, car pourquoi
ne pas aussi concevoir qu’un futur révélé est
un futur qui peut être modifié ? C’est à dire
qu’on peut s’en extraire par la volonté dès lors
que l’on sait ce qui s’apprête à arriver. Le futur
interagirait avec le libre arbitre et consisterait en un ensemble de possibilités
toutes aussi factuelles les unes que les autres et ouvertes sur l’instant
présent mais où une seule éblouirait la conscience.
L’éventualité lumineuse qui se réalise serait
celle qu’on appelle la destinée.
L’esprit consisterait en une énergie
intimement liée au temps qui, systématisée, entamerait
l’instant avant même qu’il ne soit. Cette anticipation
expliquerait le mouvement, qui est la condition de l’existence de
l’esprit dans l’espace. L’esprit s’animerait en
s’entremêlant aux plus élémentaires forces constitutives
de l’univers. On l’appellerait âme. La mémoire,
seule évidence d’une réalité précédente,
réorganiserait l’énergie essentielle efficacement selon
un sens qui enrichit l’instant présent pour qu’il se
projette encore dans l’avenir. Ce phénomène serait en
quelque sorte comparable à un réacteur qui réchauffe
l’air, l’expulse vers l’arrière, produit une poussée
qui propulse l’avion vers l’avant et provoque que le réacteur
se gave de nouveau de l’air qui lui permettra d’entretenir son
mouvement. Le seul Vacuum concevable échappe à la contrariété
du temps, de l’espace et de la matière.
Il serait ainsi possible de se faire une
idée simple sur la consistance de l’origine et la matière
universelle ou, du moins, de ce qui en est utilisé pour faire fonctionner
notre univers. Aucune formule mathématique n’est requise car
il s’agit d’hypothèses sans prétentions scientifiques
!
La destinée révélée
aux prophètes
On pourrait concevoir de ce que les voyants
appellent un flash prémonitoire. Il s’agirait d’un flash
de lumière sur une éventualité future, mais seulement
d’une éventualité. Car à l’instant où
la prémonition est révélée, le sujet a le choix
de sa réalisation. C’est pourquoi un voyant doit éviter
de dire « vous ferez ceci », mais devrait plutôt se contenter
de « confronté à cette situation future, voici les choix
qui vous seront proposés ». La prophétie humaine, qu’on
appelle souvent prévision, a des progrès à faire.
Il y aurait plusieurs types de prémonitions.
Elles iraient de la prévision, qui est avant tout une déduction
de l’esprit avec les yeux rivés sur le passé, à
la voyance qui serait le fait d’humains guidés par des esprits
dans l’au-delà. Et il y aurait au dessus de toutes une prophétie
divine et abolue qui prend toutes les éventualiés en compte,
et celle là serait potentiellement immuable. Car s’il avait
la possibilité de tout prévoir, l’être ne choisirait
que des possibilités compatibles avec sa condition d’existence
parfaite et éternelle. Il serait alors l’Alpha et l’Oméga
à la fois.
Osons une définition
Le présent serait "le plus
petit moment du temps" qu’on pourrait supputer d’une valeur
égale au rapport entre la longueur du rayon de lumière qui
l’accompagne et sa vitesse. En dessous, il n’y aurait plus de
temps, et au dessus il s'agirait une succession de plusieurs moments. Ainsi,
la conscience et le monde réel tout entier se définiraient
sur ce court instant. Le reste serait un passé évaporé
ou un futur non encore existant. Les lien causals entre présent,
passé et futur ne tiendraient que dans cette succession de tableaux
insaisissables de réalités innombrables d’une durée
d’un demi milliardième de seconde environs (0,8 m / 360.000.000
m / s) ! Leur taille ne serait donc pas unique puisque la longueur des spectres
lumineux varie selon leur couleur. On aurait plusieurs temps imbriqués.
Une pause infime de l’ordre de 10-32 secondes résulterait de
l’enchevêtrement des rayons lumineux en un non-temps impalpable.
Et sur ce minuscule moment serait installée la conscience où
l’esprit a pris ses droits.
Dieu à l'origine de toute moralité
Insistons sur cette définition afin
de ne pas être complètement incompris. Le terme d’origine
dans le contexte qui suit ne se réfère pas à un point
de départ dans l’espace et le temps. Il s’agit du concept
originel qui les précède. Et le début ne se réfère
pas à un moment qui en précède d’autres d’un
même groupe, mais au tout premier moment postérieur à
l’origine. Sa durée est égale, selon des astrophysiciens,
à 10-32 secondes. L’hypothèse, privilégiée
ici, est que quand la création de l’univers s’est matérialisée
et est devenue effective, son ordonnancement et ses propriétés
avaient déjà été définis en tant que
réalité éternelle et immuable. C’est dans ce
pré-moment de la création, l’origine qui précède
le début, que résiderait le concept universel. Les théories
qui affirmeraient que rien ne résiste à la violence du big
bang car il aurait causé à toute conception originelle de
se désintégrer sont écartées justement du fait
que l’origine précède le big bang. Il s’agit au
contraire du début de la manifestation qui suit l’origine conceptuelle.
Et Dieu « Existe » en limites de toutes choses sans par ailleurs
être restreint à notre seul univers. L’univers se comprendrait
en termes de deux dimensions. L’une est physique et place chaque instant
avant le suivant tandis que l’autre relie chaque instant à
son origine conceptuelle. Pour bien comprendre, il faut abandonner l’idée
que le temps est laissé libre à lui-même, et que les
causes sont reliées à leurs seuls effets sans aucun lien avec
leur origine conceptuelle.
Il est difficile de s’extraire de
son propre système de pensée pour concevoir de l’origine
de toutes choses aux limite du temps, de l’espace et de la matière.
Il se peut que ce soit en cet espace-temps immatériel que se joignent
toutes les forces du Verbe conceptuel et créateur. L’origine
comprendrait deux ensembles, l’être et le non-être. Du
néant, rien ne sort, mais il procure un sens. Le concept, voire toute
pensée, se définit par la condition théorique de son
inexistence qui donne une réalité à son existence.
Les éléments cognitifs et les objets ont en commun que l’esprit
peut les supposer inexistants ce qui leur procure une valeur. En termes
simples, lorsqu’on évalue l’impact de l’absence
d’un objet ou d’une propriété, son utilité
est mise en exergue. La science exploite cette loi fondamentale que l’on
retrouve dans l’analyse de la valeur ou la modification des variables
d’un système pour en cerner empiriquement les propriétés.
Cette loi prend sa source aux confins de l’esprit et du réel.
Logiquement, de cette conscience de la valeur naît l’évaluation
du bien et du mal qu’il procure.
Le bien et le mal auraient d’utilité
d’affirmer positivement l’existence. A défaut de ce parti
pris originel, l’être se transformerait instantanément
en non-être. Et l’existence ne peut pas succéder à
rien car rien ne se crée et rien ne se perd, la génération
spontanée étant impossible tandis que l’existence ne
se conçoit que par l’Esprit qui l’anticipe, la façonne
et la constate. Dieu se succède à lui-même et de cela
le nom d’Eternel prend tout son sens. L’Absolu, dès l’origine
et avant même la matérialisation, aurait déjà
conçu le bien et le mal. Ne lit-on pas dans la Bible que sitôt
créée la lumière, "Dieu vit que c’était
bon". Ainsi, c’est la condition théorique de l’inexistence
qui donne un sens à la réalité. L’existence précède
au bien et au mal, le bien se renforce du mal qu’il détourne
et le mal, de moindre force que le bien, lutte sans fin en faveur d’une
inexistence qui procure le sens de l’existence. L’esprit est
la synthèse qui évalue l’utilité et se détermine
pour l’un ou pour l’autre. Dans un système doté
du mouvement où la somme des énergies serait nulle, le parti
pris originel serait une hypothèque du bien sur le mal qui entraîne
et garantit perpétuité à l’Etre et à Sa
création. Si l’esprit peut supposer de l’inexistence
d’un objet ou d’un concept sans qu’elle ne soit avérée,
c’est que l’existence englobe l’inexistence. C’est
pareil pour Dieu qui conçoit même de sa négation et
que l’homme appelle l’athéisme.
Et il peut être supputé que
la morale possède sa dimension parallèle à part entière,
celle de l’Esprit, qui prend sa source dans le Concept originel. Non
pas qu’il y ait une seule morale possible mais, qu’à
l’origine, la morale est constitutive de l’esprit et qu’une
morale absolue affirme positivement le principe de l’existence et
de la vie.
GP
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