La vie d'après
Editorial - mai 2004 d'Appollon
"Le monde a le témoignage certain que le Christianisme provient de fausses origines et qu'il est le sujet du plus grand plagiat de l'histoire de l'humanité."
"L'antiquité révélée", Roberts.
Il ne faut pas céder à la tentation des déductions rapides. Le mythe religieux a un rôle bien précis dans la psyché humaine et par voie de conséquence dans l'au-delà.
Il s'agit de préserver l'individu de la prise de conscience terrifiante que l'âme, face à son éternité mais coupée du monde physique, serait dépourvue de but et déroutée face au néant auquel elle aspire à échapper. Il faut que tout ait un sens, ce que le mythe avec ses théories dialectiques et son symbolisme apporte justement en maintenant l'esprit à l'état d'éveil une fois décorporé.
La sensation du temps se ralentit comme dans un rêve, la conscience se centre sur le moi et l'esprit découvre une nouvelle condition. Le monde n'est connu qu'au travers de perceptions acquises et conditionnées durant la vie passée. Le besoin de se rapprocher d'autrui semble la seule finalité. L'accès à la conscience supérieure devient une nécessité essentielle face à une éternité où la sensation du temps, aussi diluée soit-elle, est perçue comme une perspective de l'inutilité face à l'ennui éternel, autant dire l'enfer. Il faut un but et un moyen pour que l'esprit s'épanouisse, ce auquel les mythes tentent de pourvoir en proposant un idéal qui transcende tant les individualités que le collectif. Les mythes actifs dans la psyché déterminent l'accueil dans l'au-delà et l'orientation qui en découle.
Une fois le moi résolu au plus profond de lui-même, âme unie de la compagnie omniprésente du Dieu tout puissant mais insaisissable, il recherche grâce aux acquis de son vivant la réalité de l'éternité et appréhende le futur sans le sentiment dévastateur de la solitude qui le conduirait à un laisser aller qui ne prendrait fin qu'avec sa déstructuration. Le but ultime de l'individu ici-bas comme dans l'au-delà est de garantir l'éternité à son être, à la conscience. Le patrimoine sexuellement transmissible assure la survie d'en bas et se transpose en un besoin de s'en remettre à son créateur dans la dimension suivante.
L'esprit est indissociable de son action sur le plan physique à moins de ne lui trouver une connexion divine, elle-même définie comme la loi fondamentale préalable à toute chose et déconnectée du temps. Car l'action se comprend par un début, une direction et elle comporte donc une fin. La conscience est une inititatrice de l'action et, selon ce raisonnement, la religion ne peut être considérée comme figée et aboutie. Elle a pour vocation de poursuivre son évolution. Tout dans le temps et l'espace se conçoit dynamiquement et il est blasphématoire pour l'homme de se targuer de connaître le sens de « toujours », « jamais » et « absolument » de même que de se faire des représentation de Dieu qui ne viennent pas de Lui.
L'idéal de l'avènement d'un monde digne de recevoir son Dieu créateur est le monde de l'esprit et non technologique. Il ne s'agit pas de l'avènement d'un être incarné mais d'un royaume bien plus vaste de concepts compatibles avec la condition tant esprérée de survie.
AP