Le Hasard de l'Ethique
Editorial - janvier 2004
Dans la perspective scientifique, il est imposé d'expliquer la création
par le hasard tandis que dans la religieuse, la question primordiale est celle
des raisons de la création et de la vie. Ces deux pensées ont
en commun de s'intéresser à l'invisible, pour le débusquer
et le comprendre. Toute réalité procède-t-elle d'une raison,
de sentiments et d'une Volonté ? Ou ne s'agit-il que d'un
système impersonnel ? Mais la seconde question exclue-t-elle totalement
la première ?
Des millénaires avant que les physiciens ne
théorisent sur d'autres
dimensions, les hommes étaient déjà certains de l'existence
d'un au-delà. Mais la description du monde invisible des religieux diffère
grandement de ce qu'en pensent les physiciens aujourd'hui. Tandis que les mystiques
se réfèrent à un monde de l'Esprit où persiste
l'âme après la mort, les hommes de sciences décrivent 16
dimensions de l'espace-temps au lieu des 3 perçues par les 5 sens. On
constate que les théologiens ont été moins audacieux que
ce que la science leur aurait permis et on en déduit que l'imagination
a encore de beaux jours devant elle !
La science est sensée faire
avancer la connaissance grâce à la
rigueur de ses méthodes, mais elle est retardée par les défis
qui obligent l'homme à se poser des question qui ne lui seraient jamais
venues à l'esprit sans elle. Le pouvoir qu'elle confère aux hommes
les oblige à acérer leur conscience et leur éthique pour
conjurer les forces qui visent son autodestruction et celle de toutes les espèces malencontreusement
situées dans sa sphère d'influence. Les pollutions, accidents
industriels et armes de destructions massives ne sont que quelques un des éléments
de cette série qui ne fera que s'allonger au fil de l'évolution
humaine.
On voit bien que la raison que l'on a prétendu raffler toute
la mise ne peut finalement rien gagner au détriment du cour. Il y a
donc quelque chose de très moral dans la nature, et ce depuis le premier
jour. Alors à la
question du premier paragraphe, on peut répondre qu'un système
d'évolution impersonnel, quel qu'il soit, n'est pas viable lorsqu'il
s'affranchit des forces personnelles constitutives de l'étique, elle-même
basée sur la connaissance. Y a-t-il quoi que ce soit de plus réel
que la dimension de l'esprit, pourtant bel et bien immatériel ?
GP