Le culte de la vierge Marie
dans les Centuries
Editorial - décembre 2003
Les
protestants seraient-ils plus machistes que les catholiques pour avoir renié
le culte de la vierge Marie ? Car il ne reste plus grand
chose de la féminité dans la religion de l'église universelle une fois
coupée de cette croyance.
Il
naquit sur sur le feu de Diane la romaine et les cendres d'Isis le culte de
la fécondité divine décrété par l'Eglise Catholique. Comprendre ces deux croyances
antiques, celles de Diane la déesse chasseresse, et d'Isis la mère du Dieu
vivant Horus permet sans doute de retracer la mise au point de l'histoire
de la Vierge Marie, mère de toutes les reproductions.
Historiquement,
l'ajout serait un fait de dernière minute intervenu en deux lieux distincts
du pourtour méditerranéen. Côté romain, le culte des vestales
battait son plein tandis que ces vierges au service de la déesse Diane, sans
doute les ancêtres de nos nones, gardaient scrupuleusement le feu sacré de
Rome allumé. Côté Egyptien, c'est avec la montée en puissance des Chrétiens
coptes que l'on a constaté la permanence de l'influence du culte d'Osiris
au 2d et 3ème siècles.
Pour
les Romains, Diane était la déesse responsable de structurer une partie du
comportement humain : la reproduction qui va de paire avec l'instinct
sexuel associé à la chasse et à la nature. Pendant des millénaires, avant
la mutation des hommes en cadres salariés des multinationales, donc bien avant
le bulletin de paie et avant l'époque de la famille Pierre à Feu, la chasse permettait
d'obtenir les faveurs sexuelles d'une convoitée. Au début, l'homme lui a inlassablement
offert le tribut de ses chasses ce qui faisait miroiter à la belle du bonheur
pour ses jours de grossesse. Plus tard, il s'est mis à la chasser elle, sans
doute pour exorciser un vieux souvenir refoulé. Le mythe de Diane avance une
explication rationnelle sur les mécanismes de la pensée manipulée par des
forces mystérieuses assimilées à des Dieux. Les Catholiques, définis au départ
comme des pêcheurs d'hommes, c'est à dire des convertisseurs professionnels,
ont su en tenir compte.
Le
christianisme est une religion d'amour universel. Et selon la compréhension
des premiers siècles de notre ère il aurait été
étrange qu'il n'y figure pas de femme, parité ancestrale et message universel
y obligeant. De plus, les Chrétiens n'auraient pas pu expliquer que leurs
compagnes refusent en masse la conversion car les femmes sont l'un des deux
piliers du temple. Donc, l'église s'est appropriée, sans complexe, le feu
sacré plus un culte de la virginité et une mère universelle pour tous. Voilà
qui conciliait les cultures !
Tout
à fait à l'autre bout de la Méditerranée, sur les lieux où s'installa l'église
copte fondée par des Juifs convertis au Christianisme et tôt renforcée par
des Egyptiens, ce qui restait du culte d'Isis, reine vierge et mère vénérée
d'Horus, était encore ancré dans les esprits. On peut changer de religion,
mais pas tout en un jour. C'est donc une influence égyptienne qui amena les Chrétiens à amender leur culte considéré trop patriarcal
par des non Juifs. Sur un fond moyen-oriental s'est développée la seconde
tendance du culte de la vierge Marie.
Lors
d'une réunion secrète de synthèse des dignitaires chrétiens à Rome, sûrement
au 3ème siècle, les catholiques ont intégré ces différentes tendances
à leur culte officiel. La technique assez simple consiste à admettre comme
vraies les croyances d'origines diverses lorsqu'elles sont véhiculées par
plusieurs camps, ce qui postule que tous ne peuvent pas se tromper ensemble,
et de donner primauté à la thèse colportée par des Juifs venus de loin, tout
proche de la terre du Christ. En somme, le culte de
Marie ne rompt pas avec les mythes d'Isis, Diane et Artémis. Mais
il relève la religion chrétienne au niveau du mystère de la fécondation
divine.
Que
savait-on des mécanismes de reproduction avant la découverte du microscope ?
Moins que les enfants de nos jours et guère plus que ce qu'on voyait de l'extérieur,
un acte de fécondation et une grossesse. Et c'est tout ! La reproduction
était le fait d'un acte d'amour et cette perception était tout à fait juste
du point de vue de l'évolution. Car c'est la perception qui nous a guidé et
fait de nous des êtres humains - les microscopes des cours de science n'y
sont pas pour grand chose. N'empêche qu'à défaut
d'explication sur les mécanismes physiques de la reproduction, l'imagination
avait libre cours et, avant les techniques d'insémination artificielle, on
croyait à celle du divin. Par extrapolation, les principes masculin et féminin
étaient liés à la création du monde et des civilisations. Ces croyances sont
à rapprocher des mythes de la fécondation que l'on retrace dans la plupart
des religions d'Occident et d'Orient depuis plus de 6000 ans.
Voici
donc résumée une possible explication sur la question de Marie. Il s'agirait
à la fois de la superposition de croyances et d'un enrobage pour mieux disséminer
une religion parmi les populations, et en particulier au sein de la gente féminine.
Une
précision s'impose. Une telle explication n'enlève rien au profond respect
qu'inspire la mère du Christ, bien au contraire. Il s'agit de restituer la
dignité de la Vérité à un personnage clef du mystère de la révélation. Car
le mystère du Christ est celui de sa révélation, pas de sa naissance.
La
croyance en la vierge Marie a pris une part beaucoup trop importante chez
les Catholiques au point qu'on se demande, lorsqu'on écoute cette version
révisée de la Génése d'une oreille néophyte attentive, lequel du Christ ou
de Marie est Dieu ! Force est de reconnaître qu'aucun des deux ne l'aurait
revendiqué car Dieu est Dieu et personne d'autre ne l'est, ce dont Christ
était persuadé comme l'indiquent de multiples passages du Nouvel Evangile
où il parle pour lui-même de ses sentiments. Et cette question n'a
par ailleurs probablement jamais même effleuré la pensée de Marie.
Marie
fécondée in deo n'est pas la seule croyance importée et superposée au culte
d'origine pour rallier au Christianisme des cultures lointaines. Les rois mages
en sont, Pâques et peut-être la résurrection, Lazare. Il faut aussi compter
avec le perse Mithra pour tous les rites et l'organisation de l'église catholique.
plus tant d'autres. Tout ceci semble avoir été arrangé de main de maître.
Pour
en revenir à la question de départ, Jésus n'a eu que des apôtres mâles. En revanche,
il avait une mère, et c'est la base du pont érigé en faveur des vertus féminines.
Et
Nostradamus dans tout cela ? Etait-il catholique ou protestant
? Pourquoi n'a-t-il pas mentionné une seule fois la vierge Marie dans
toutes les Centuries qui, par ailleurs, regorgent de références
à Dieu, au Christ, à l'antiquité et en particulier aux
Vestales et à Diane ?
GP