Evangile de Pierre
Evangile attribué à Pierre en vertu du passage 58, d'origine
syrienne et trouvé dans la tombe d'un moine en Egypte en 1886. Il daterait
des années 30 sans aucun moyen d'en certifier l'origine. Cet évangile était-il
en posession de ceux qui se chargèrent de trier les textes saints qui devaient
figurer dans la Bible officielle ? Si les événements de la crucifixion
sont plus détaillés que dans les 4 Evangiles officiels, ce témoignage n'apporte
pas forcément davantage à la compréhension.
Ce Pierre Simon en veut visiblement aux juifs qu'il rend
responsables de la crucifixion. Et il n'y a aucun doute pour lui, la divinité
de Jésus est certaine.
1.
Nul : d'entre les juifs ne se lava les mains, ni Hérode ni l'un de
ses juges. Et comme ils n'avaient pas voulu se laver les mains, Pilate se
leva et partit.
2.
Alors le roi Hérode ordonne que l'on emmène le Seigneur, disant :
« Exécutez tous les ordres que je vous ai donnés à son sujet. »
3.
Joseph, l'ami de Pilate et du Seigneur, se trouvait là; sachant qu'on
allait le crucifier, il se rendit chez Pilate et lui demanda le corps du Seigneur,
en vue de sa sépulture.
4.
Pilate fit demander le corps à Hérode.
5.
Hérode répondit : « Frère Pilate, même si personne ne l'avait
réclamé, nous l'ensevelissions, puisque le sabbat va commencer. Car il est
écrit dans la loi : Que le soleil ne se couche pas sur un supplicié. »
Et il le livra au peuple, avant le premier jour des Azymes, leur fête.
6.
Ils saisirent le Seigneur et ils l'entrainaient en hâte, et disaient
: « Emmenons le Fils de Dieu, maintenant que nous le tenons en notre
pouvoir. »
7.
Ils le revêtirent de pourpre et le firent asseoir sur une chaire de
jugement, disant : : « Juge selon la justice,roi d'Israël ! »
8.
L'un d'eux apporta une couronne d'épine et la posa sur la tête du
Seigneur.
9.
D'autres, dans l'assistance,lui crachèrent au visage, d'autres le
giflèrent, d'autres le piquaient avec un roseau, certains le flagellaient,
disant : « Voilà les honneurs que nous devons au fils de Dieu ! »
10.
Ils amenèrent deux malfaiteurs, entre lesquels ils crucifièrent le
Seigneur.Et lui se taisait, comme s'il n'éprouvait aucune souffrance.
11.
Lorsqu'ils avaient dréssé la croix, ils y avaient inscrit : : « Celui-ci
est le roi d'Israël ».
12.
Ils déposèrent ses vêtements devant lui et se les partagèrent en les
tirant au sort.
13.
Un des malfaiteurs les admonesta en ces termes : « Nos crimes
nous ont mérité ce supplice, mais lui,qui est le sauveur des hommes, quel
mal vous a-t-il fait ? »
14.
Eux, pleins d'irritation, ordonnèrent de ne pas lui rompre les jambes,
de peur que la mort ne mit un terme à ses souffrances.
15.
Il était midi et l'obscurité se répandit par toute la Judée. Ils étaient
inquiets : ils craignaient que le soleil ne se couchât alors qu'il vivait
encore. Leur loi dit en effet que le soleil ne doit pas se coucher sur un
supplicié.
16.
Et l'un d'entre eux dit : « Donnez-lui à boire du fiel mêlé de
vinaigre. » Ils préparèrent le breuvage et le lui donnèrent.
17.
Et ils accomplirent toutes choses, et ils amoncelèrent leurs fautes
sur leurs têtes.
18.
Beaucoup circulaient avec des torches, croyant que c'était la nuit,
et ils tombèrent.
19.
Et le Seigneur cria, disant : « Force, ô ma force, tu m'a abandonné
! » Ayant parlé, il fut élevé.
20.
A cet instant, le voile du temple de Jérusalem se déchira en deux.
21.
Alors ils retirèrent les clous des mains du Seigneur et l'étendirent
sur le sol. Et toute la terre trembla, et il y eut une grande frayeur.
22.
Puis le soleil se remit à briller : c'était la neuvième heure.
23.
Les juifs se réjouirent, et donnèrent son corps à Joseph, afin qu'il
l'ensevelît, puisqu'il avait vu tout le bien qu'il avait accompli.
24.
Joseph prit le Seigneur, le lava,l'enveloppa dans un linceuil et le
porta dans son propre tombeau appelé jardin de Joseph.
25.
Alors les juifs, les Anciens et les prètres, conscients du mal qu'ils
s'étaient fait à eux-mêmes, commencèrent à se frapper la poitrine et à dire
: « Malheur à nos fautes ! Le jugement approche et la fin de Jérusalem
! »
26.
Mes compagnons et moi étions dans l'affliction. Bléssés dans nos âmes,
nous nous tenions cachés, car ils nous recherchaient, ainsi que des malfaiteurs,
et comme si nous voulions incendier le temple.
27.
Nous jeûnions de surcroît, et restions assis dans le deuil et les
larmes, nuit et jour, jusqu'au sabbat.
28.
Les scribes, les pharisiens et les anciens se réunirent entre eux,
parce qu'ils avaient appris que tout le peuple murmurait et se frappait la
poitrine, disant : « Si ces signes inouïs se sont produit à sa mort,
voyez comme il était juste ! »
29.
Inquiets, les Anciens vinrent trouver Pilate et le supplièrent en
ces termes :
30.
« Donne-nous des soldats. Nous surveilleront son tombeau pendant
trois jours, de peur que ses disciples ne viennent le dérober, que le peuple
l'imagine ressuscité des morts et ne cherche à nous nuire »
31.
Pilate leur donna le centurion Petronius avec des soldats pour garder
le sépulcre. Des Anciens et des scribes les accompagnèrent au tombeau.
32.
Ayant roulé la grande pierre, tous, aidés du centurion et des soldats
la poussèrent à la porte du sépulcre.
33.
Ils y apposèrent sept sceaux, puis ils dressèrent une tente et montèrent
la garde.
34.
Le lendemain, au commencement du sabbat, de Jérusalem et des environs
arriva une foule qui voulait voir le sépulcre scellé.
35.
Dans la nuit qui précéda le dimanche, tandis que les soldats relevaient
la garde, deux par deux, une grande voix retentit dans le ciel.
36.
Et ils virent s'ouvrir les cieux et deux hommes, nimbés de lumière,
en descendre et s"approcher du tombeau.
37.
La pierre qui avait été placée à la porte roula d'elle même, et se
rangea de coté, et le tombeau s'ouvrit et les deux jeunes gens entrèrent.
38.
A cette vue, les soldats réveillèrent le centurion et les Anciens,
qui étaient là, eux aussi à monter la garde.
39.
Et quand ils leurs eurent raconté ce qu'ils avaient vu, ils virent
à nouveau trois hommes sortir du tombeau; deux d'entre eux soutenaient le
troisième et une croix les suivait.
40.
Et tandis que la tête des deux premiers atteignait le ciel, celle
de l'homme qu'ils conduisait par la main dépassait les cieux : « As-tu
annoncé la nouvelle à ceux qui dorment ? »
41.
Et de la croix on entendit la réponse : « oui ».
42.
Ces gens combinaient entre eux d'aller rapporter ces prodiges à Pilate.
43.
Ils en débattaient encore, quand on vit à nouveau les cieux s'ouvrir
et un homme descendre et entrer dans le sépulcre.
44.
A ce spectacle, le centurion et son escorte, dans la nuit, coururent
chez Pilate, abandonnant le tombeau dont ils assuraient la garde, et en grand
émoi, ils racontèrent tout ce qu'ils avaient vu, disant : « l était véritablement
le fils de Dieu. »
45.
Pilate répondit : « Je suis pur du sang du fils de Dieu. C'est
vous qui l'avez voulu ? »
46.
S'étant approchés, tous le priaient et le suppliaient d'ordonner au
centurion et à ses soldats de ne répéter à personne ce qu'ils avaient vu.
47.
« Mieux vaut pour nous, disaient-ils, nous charger du plus grand
péché devant Dieu, que de tomber aux mains du peuple juif et d'être lapidés »
48.
Pilate donna donc ordre au centurion et aux soldats de ne pas souffler
mot.
49.
Le dimanche matin, Marie de Magdala, la disciple du Seigneur, craintive
à cause des juifs, parce qu'ils étaient enflammés de colère, n'avait pas accompli
au tombeau les devoirs que les femmes ont coutume d'acquitter vis-a-vis des
morts qui leur sont chers.
50.
Elle prit avec elle ses amies et entra dans le sépulcre où il avait
été déposé.
51.
Craignant d'être aperçues des juifs, elles disaient : « Puisque
le jour où il a été crucifié nous n'avons pu pleurer et nous frapper la poitrine,
faisons-le au moins aujourd'hui sur sa tombe. »
52.
« Mais qui nous roulera la pierre que l'on a placée à la porte
du sépulcre, pour que nous puissions rentrer, nous asseoir auprés de lui et
remplir notre office ? »
53.
« La pierre est grande et nous craignons que l'on ne nous voie.
Si la force nous manque, jettons au moins devant la porte les offrandes que
nous apportons en souvenir de lui ! Pleurons et frappons-nous la poitrine
jusqu'à l'heure de rentrer chez nous »
54.
A leur arrivée, elles trouvèrent le tombeau ouvert. Elles s'approchèrent
et se penchèrent pour regarder. Et elles virent un jeune homme, assis au milieu
du tombeau. Il était beau et habillé d'un vêtement éblouissant. Il leur dit
: « Pourquoi êtes-vous venues ? Qui cherchez-vous ? Ne serait-ce pas
le crucifié ? Il est ressuscité et il est parti. Si vous ne me croyez pas,
baissez-vous et regardez l'endroit où il gisait. Il n'y est pas, puisqu'il
est ressuscité et qu'il s'en est allé là d'où il a été envoyé. »
55.
Alors les femmes, épouvantées, s'enfuirent.
56.
C'était le jour des Azymes, et beaucoup s'enretournaient chez eux,
la fête étant finie.
57.
Nous les douze disciples du Seigneur, nous pleurions, nous étions
dans le désaroi. Et chacun, consterné par ces évènements, rentra chez lui.
58.
Moi, Simon Pierre et André mon frère, nous primes nos filets et gagnames
la haute mer... Et Lévi était avec nous, fils d'Alphée, que le Seigneur....