Prémonitions d’Allan Kardec
Livre : Œuvres posthumes – auteur : Allan Kardec – Conforme à la première édition de 1864
Introduction de GP
Allan Kardec est le père du spiritisme. Né à Lyon le 3 octobre 1804 dans une famille de magistrats, il a exercé les professions d'éducateur et de professeur. Il a par ailleurs laissé à la postérité une somme imposante de traités sur la science occulte de l’esprit. L’originalité de cette nouvelle discipline du milieu du XIXème Siècle consistait à susciter utilement l'assistance des défunts. C’est au travers de ses conversations avec les esprits que lui sont venues ses révélations d'un futur tout aussi inquiétant que rassurant. On peut voir que toutes ses prémonitions ne sont pas encore totalement dénouées même si on voit bien qu'il ne s'est globalement pas trompé.
L’extrait suivant est tiré des oeuvres posthumes. Chose intéressante, ses révélations sont plus anciennes de 50 ans que celles Fatima (le secret de Fatima) et toutes deux désignent l’Italie comme le centre des tribulations avenirs.
La conversation prend place entre un esprit et Allan Kardec. Les deux premiers extraits concernent un embrasement mondial. Il y a eu depuis cette prévision deux guerres mondiales et, pourtant, le grand cataclysme en question serait encore avenir.
Extrait du 12 mai 1856 :
Question : (à Hahnemann) L’autre jour, les Esprits m’ont dit que j’avais une mission importante à remplir et m’en ont indiqué l’objet ; je désirerais savoir si vous la confirmez.
Réponse : Oui, et si tu interroges tes aspirations, tes tendances et l’objet presque constant de tes médiations, cela ne doit pas te surprendre. Tu dois accomplir ce que tu as rêvé depuis longtemps ; il faut que tu y travailles activement pour être prêt, car le jour est plus proche que vous ne pensez.
Q : Pour accomplir cette mission telle que je la conçois, il faut des moyens d’exécution qui sont encore loin de moi.
R : Laisse la Providence faire son oeuvre , et tu sera satisfait.
Q : La communication donnée l’autre jour semble faire présumer des événements très graves : pourriez-vous nous donner quelques explications à ce sujet ?
R : Nous ne pouvons préciser les faits ; ce que nous pouvons dire, c’est qu’il y aura beaucoup de ruines et de désolations, car les temps prédits pour une rénovation de l’humanité sont arrivés.
Q : Qui causera ces ruines ? Sera-ce un cataclysme ?
R : Il ny aura point de cataclysme matériel comme vous l’entendez, mais des fléaux de toutes sortes désoleront les nations ; la guerre décimera les peuples ; les institutions surannées s’engloutiront dans des flots de sang. Il faut que le vieux monde s’écroule pour ouvrir un ère nouvelle au progrès.
Q : La guerre ne serait donc pas circonscrite à une contrée ?
R : Non elle embrasera la terre
Q : Rien cependant, en ce moment, ne semble présager une tempête prochaine.
R : Les choses tiennent à un fil d’araignée à moitié rompu.
Q : Peut-on, sans indiscrétion, demander d’où partira la première étincelle ?
R : De l’Italie.
Extrait du 10 juin 1856 :
Q : Les Esprits ont dit que les temps sont arrivés où ces choses doivent s’accomplir ; quel sens faut-il attacher à ces paroles ?
R : Pour des choses de cette gravité, que sont quelques années de plous ou de moins ? Elles n’arrivent jamais brusquement et comme un coup de foudre, mais elles sont de longue main, préparées par des événements partiels qui sont comme les précurseurs et comme les bruits sourds qui précédent l’éruption d’un volcan. On peut donc vous dire que les temps sont arrivés, sans que cela signifie que les choses arriveront demain. Cela veut dire que vous êtes dans la période où elles auront lieu.
Q : Confirmez-vous ce qui a été dit qu’il n’y aura pas de cataclysme ?
R : Certainement, vous n’avez à redouter ni déluge, ni embrasement de votre planète, ni autres choses de ce genre, car on ne peut donner le nom de cataclysme à des perturbations locales qui se sont produites à toutes les époques. Il n’y aura qu’un cataclysme moral dont les hommes seront les instruments.
Extrait du 12 avril 1860 :
Tant Nostradamus que Fatima se sont évertués à prévoir le devenir de la papauté. Allan Kardec ne fait pas exception.
Q : (à l’esprit Ch.) Vous avez été ambassadeur à Rome, et, dans ce temps-là, vous avez prédit la chute du gouvernement papal ; que pensez-vous aujourd’hui à ce sujet ?
R : Je crois que le temps approche où ma prophétie va s’accomplir : mais ce ne sera pas sans déchirements. Tout se complique ; les passions s’échauffent et d’une chose qui aurait pu se faire sans commotion, on s’y est pris de telle façon que tout la chrétienté en sera ébranlée.
Q : Voudriez-vous nous dire votre opinion sur la puissance temporelle du Pape ?
R : Je pense que la puissance temporelle du Pape n’est pas nécessaire à sa grandeur ni à sa puissance morale ; au contraire, moins il aura de sujets, plus il sera vénéré. Celui qui est le représentant de Dieu sur la terre est assez haut placé pour n’avoir pas besoin du relief de la puissance terrestre. La terre à diriger spirituellement, voilà la mission du père des chrétiens.
Q : Pensez-vous que le Pape et le Sacré Collège, mieux éclairés, ne fassent pas le nécessaire pour éviter l schisme et la guerre intestine, ne fût-elle que morale ?
R : Je ne le crois pas ; tous ces hommes sont entêtés, ignorants, habitués à toutes les jouissances profanes ; ils ont besoin d’argent pour les satisfaire, et ils auraient peur que le nouvel ordre de choses ne leur en laissât pas assez. Aussi ils poussent tout à l’extrêmes, s’inquiétant peu de ce qui arrivera, étant trop aveugles pour comprendre la conséquence de leur manière d’agir.
Q : Dans ce conflit n’est-il pas à craindre que la malheureuse Italie ne succombe et ne soit ramenée sous le sceptre de l’Autriche ?
R : Non, c’est impossible ; l’Italie sortira victorieuse de la lutte, et la liberté rayonnera sur cette terre glorieuse. L’Italie nous a sauvés de la barbarie, fut notre maître dans tout ce que l’intelligence a de plus noble et de plus élevé. Elle ne retombera point sous le joug de ceux qui l’ont abaissée.
Le court passage suivant est extrait d’un chapitre intitulé "Régénération de l’humanité" rédigé le 27 avril 1866 :
Les événements se précipitent avec rapidité ; aussi ne vous disons-nous plus, comme autrefois, les temps sont proches ; nous vous disons maintenant : Les temps sont arrivés.
Par ces mots n’entendez pas un nouveau déluge, ni un cataclysme, ni un bouleversement général. Des convulsions partielles du globe ont eu lieu à toutes les époques et se produisent encore, parce qu’elles tiennent à sa constitution, mais ce ne sont pas là les signes des temps.
Et cependant tout ce qui est prédit dans l’Evangile doit s’accomplir et s’accomplit en ce moment, ainsi que vous le connaîtrez plus tard ; mais ne prenez les signes annoncés que comme des figures dont il faut saisir l’esprit et non la lettre. Toutes les Ecritures renferment de grandes vérités sous le voile de l’allégorie et c’est parce que les commentateurs se sont attachés à la lettre qu’ils se sont fourvoyés. Il leur a manqué la clef pour en comprendre le sens véritable. Cette clef est dans les découvertes de la science et dans les lois du monde invisible que vient nous révéler le Spiritisme. Désormais, à l’aide de ces nouvelles connaissances, ce qui était obscur devient clair et intelligible.
Tout suit l’ordre naturel des choses, et les lois immuables de Dieu ne seront point interverties. Vous ne verrez donc ni miracles, ni prodiges, ni rien de surnaturel dans le sens vulgaire attaché à ces mots.
Ne regardez pas au ciel pour y chercher des signes précurseurs, car vous n’en verrez point, et ceux qui vous en annonceront vous abuseront ; mais regardez autour de vous, parmi les hommes, c’est là que vous les trouverez.
Ne sentez-vous pas comme un vent qui souffle sur la terre et agite tous les Esprits ? Le monde est dans l’attente et comme saisi d’un vague pressentiment à l’approche de l’orage.
Ne croyez cependant pas à la fin du monde matériel ; la terre a progressé depuis sa transformation ; elle doit progresser encore, et non point être détruite. Mais l’humanité est arrivée à l’une de ses périodes de transformation, et la terre va s’élever dans la hiérarchie des mondes.
Ce n’est donc pas la fin du monde matériel qui se prépare, mais la fin du monde moral : c’est le vieux monde, le monde des préjugés, de l’égoïsme, de l’orgueil et du fanatisme qui s’écroule ; chaque jour en emporte quelques débris. Tout finira par lui avec la génération qui s’en va, et la génération nouvelle élèvera le nouvel édifice que les générations suivantes consolideront et compléteront.
De monde d’expiation, la terre est appelées ào devenir un jour un monde heureux, et son habitation sera une récompense au lieu d’être une punition. Le règne du bien doit y succéder au règne du mal.
Extrait du 4 juillet 1868 :
Occupez-vous dés à présent du travail que vous avez ébauché sur les moyens d’être un jour utile à vos frères en croyance et de servir la cause de la doctrine, parce qu’il serait possible que les événement qui se dérouleront ne vous laissent pas des loisir suffisants pour vous y livrer.
Ces événements eux-mêmes amèneront des phases pendant lesquelles la pensée humaine pourra se produire avec une liberté absolue. Dans ces moments là les cerveaux en délire, dépourvus de toute direction saine, enfanteront de telles énormités que l’annonce l’apparition prochaine de la bête de l’apocalypse n’étonnerait personne et passerait inaperçue. Les presses vomiront toutes les folies humaines jusqu’à l’épuisement des passions qu’elles auront engendrées.