Les "Catastrophes " foisonnent dans les Centuries avec d'une part les Catastrophes naturelles et de l'autre celles qui ont pour origine la main de l'homme. La troisième guerre mondiale fait l'objet d'une étude séparée en section "Conflit Final" tandis que les grands massacres du 20ème siècle sont investigués en "Dates et Histoire".
Dans un style prophétique inspiré par la Bible, famines, maladies, guerres, désordres sociaux et forces naturelles s'entremêlent dans les quatrains pour convoyer une impression de désastre apocalyptique.
A6001
Iournée, diete, interim, ne concile,
L'an paix prepare, peste, faim, schismatique,
Mis hors dedans, changer ciel, domicile,
Fin du congé, reuolte hierarchique.
A6700
Mort, maladie aux ieunes femmes, rheumes
De teste aux yeux, malheur marchands de terre,
De mer infaust, semes mal, vin par brumes,
Prou huile, trop de pluye, aux fruits moleste guerre.
Ces deux quatrains numérotés "Aaamm" sont tirés des Almanachs et concernent probablement le mois de janvier 1660 et l'année 1667 dans sa globalité. En revanche le quatrain IX-11 se concerne du plus long terme. Il fait état d'afflictions qui, bien à propos, s'abattront sur ceux qui s'en prennent au juste.
IX-11
Le iuste à tort à mort l'on viendra mettre
Publiquement et du milieu esteint :
Si grande peste en ce lieu viendra naistre,
Que les iugeans fuyr seront contraints.
Et l'extrait suivant, tiré de la Lettre au Roy Henry II, fait état de maladies avenirs qui s'abattront sur toutes les régions du monde, propos qui évoquent la prophétie moralisatrice de l'Apocalypse de saint Jean :
H062
Et sur ces entrefaictes naistra la pestilence si grande que des trois pars du monde plus que les deux defaudront.
Nostradamus redoublait de prudence lorsqu'il s'adressait au Roy et aux instances religieuses. Les 3 parts du monde se réfèrent ici au ciel, à la terre et à l'enfer, seule vision du monde autorisée par l'église catholique au XVIème siècle.
L'ampleur des catastrophes des Centuries, pose la question de l'état d'esprit de Nostradamus. Hors, on sait qu'il s'est inscrit à l'université de médecine de Montpellier. Et il nous a légué le fruit de ses recherches pour remédier aux maladies incurables de son époque. De plus, on connait son périple à travers la France pour vaincre la peste. Sa compassion humaine est bien établie. Il serait donc hasardeux de lui prêter des arrières pensées malsaines quant aux malheurs qu'il a prédits pour l'humanité, qui plus est lorsque l'histoire lui a déjà si souvent donné raison !